Voici notre billet, publié chez Nous.blogue, le 1er novembre 2017.

Par Marc L. Johnson

hunter-harritt-326198 - copiePhoto de Hunter Harritt sur Unsplash

J’ai récemment fait écho dans ce blogue au bourdonnement des initiatives d’impact collectif

[Buzz, buzz… Impact collectif. Mais est-ce nouveau?]. Si vous êtes tentés par le défi et que vous souhaitez ajouter cette approche d’action concertée à votre boîte à outils, voici ce qui vous attend.

Le socle d’une initiative d’impact collectif, c’est un besoin ressenti et reconnu, criant et complexe, qui affecte une collectivité, un besoin auquel on ne pourra répondre qu’en travaillant ensemble.

Le besoin. La première étape de la démarche consiste donc à cerner ce besoin. La pauvreté? L’analphabétisme? La violence? L’exclusion? Pour y arriver, il faudra appeler en renfort les connaissances issues de la recherche (les théories, les études, les évaluations) et de l’expérience (les témoignages, les leçons apprises, bref la sagesse des intervenants) afin de tracer avec le plus de précision et de confiance possibles la problématique à laquelle nous sommes confrontés et les facteurs sur lesquels il nous faudra agir. Cet exercice nous permettra de démontrer que le besoin est en fait un enjeu collectif.

L’impact ciblé. Ayant bien saisi l’enjeu, la seconde étape consiste à préciser l’impact que nous souhaitons créer collectivement. Un impact, c’est un changement ayant assez de puissance pour secouer un problème complexe. Malgré la formule consacrée (« impact collectif »), l’impact souhaité est singulier, c’est l’approche pour l’atteindre qui sera collective. Pour faire de cet impact une cible claire, il faudra délimiter avec précision :

  • qui seront les bénéficiaires de l’initiative (quel segment de la population et où ils se situent géographiquement),
  • ce qui va concrètement changer pour eux et
  • à quelle échéance.

Plus l’impact souhaité sera formulé avec précision, plus il sera facile de mesurer ce que nous aurons produit comme changement. En traduisant nos aspirations en termes d’impact, nous portons notre attention sur les résultats plutôt que sur les activités, aussi bienveillantes soient-elles.

Une théorie du changement (TDC). La cible étant claire, il nous faudra ensuite déterminer comment nous allons y parvenir. Une façon innovatrice de le faire est de développer une TDC, c’est-à-dire une explication des changements (les résultats) qu’il faudra enchaîner pour éventuellement produire l’impact, suivie d’une stratégie alignant les interventions qui seront nécessaires à cette fin. Je vous invite à consulter mon récent billet sur les théories du changement [Autre goût du jour : les théories du changement].

La mise en œuvre. Au moment de passer à l’attaque, il faut se rappeler que notre initiative en est une d’impact collectif. Nous devons donc rester concentrés sur les changements (l’impact…) et nous devons œuvrer à plusieurs (…collectif). Ces deux conditions déterminent comment nous allons nous organiser. Typiquement, une initiative d’impact collectif opère ainsi en s’appuyant sur les outils suivants :

  • une structure de coordination,
  • un système de communication et
  • un système de suivi et d’évaluation commun.

Bien sûr, elle consiste aussi – et surtout – en une série d’interventions (des activités, des programmes), qui peuvent être menées par plusieurs acteurs qui oeuvrent ensemble ou par des acteurs individuellement. Souvent, ces interventions seront nouvellement conçues et menés grâce à de nouvelles ressources, parfois elles seront un réalignement d’activités existantes, parfois elles seront tout simplement des programmes existants qui seront comptés dans notre jeu de nos billes.

J’espère que ces quelques repères vous donneront le goût d’envisager votre engagement sur certains enjeux communautaires ou sociaux sous l’angle de l’impact collectif. Il y a de plus en plus de ressources qui vous y aideront[1].

 

 

[1] La banque de ressources la plus développée est offerte par le Collective Impact Forum, mais c’est surtout en anglais. Vous trouverez par ailleurs en ligne plusieurs initiatives québécoises et des formations offertes au Québec, notamment par Innoweave. Le Tamarack Institute dispose aussi de plusieurs ressources et commence à en produire des versions françaises.